Le virus de la page blanche
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Prologue

Cédric, adolescent tout en muscle, déambulait au sein de la minuscule boutique. Des bouquins, partout, à perte de vue posés sur des étagères sur le point de s’écrouler. Il préférait les jeux vidéo ! Les livres n’étaient vraiment pas sa tasse de thé : alors que faisait-il ici ?

Le jeune homme accompagnait tout simplement sa copine. Il commençait à trouver le temps long. Finalement pour se donner une contenance il en tira un au hasard. Un petit ouvrage rachitique, à la couverture mangée par les mites. Il grimaça :

« Comment pouvait-on écouler ce genre d’article ? »

Il ouvrit le recueil et eut la surprise de tomber sur une page blanche, puis une autre.

- Quel était l’intérêt de vendre un livre vierge ? Où s’agissait-il d’un calepin ?

Cédric s’apprêtait à ranger le tome en place quand celui-ci se mit à frissonner dans sa main. Le garçon, éberlué, le lâcha brutalement, mais au lieu de subir les lois de la gravité l’objet s’abattit sur Cédric et le dévora.

L’adolescent rouvrit les yeux dans un monde totalement blanc. Ah non! tiens ? Une tache sombre lévitant sous ses pupilles le faisait affreusement loucher. Qu’est-ce que c’était ?

« Salut, je suis l’encrier bienvenu dans l’univers du livre !

- C’est une blague, grommela Cédric. Où suis-je ? Que s’est-il passé ?

- Le manuscrit t’a choisi pour le sauver. Apparemment, ton profil de guerrier la séduit.

« Profil de guerrier » tout à fait lui ! L’adolescent se rengorgea sous le compliment.

- OK alors: où il est le big boss, que je lui fasse sa fête !

- Ne sois pas si pressé. Ce monde a ses règles et serait dangereux de s’y aventurer avant de les connaitre.

- Oui, comme d’habitude. Bon, tu sais quoi, donne-moi une bonne grosse hache et disparais ! Je n’ai besoin de personne !

L’encrier se dandina un instant. Le livre avait-il eu raison de faire confiance à cet humain ? Il commençait à douter, mais devait croire aux convictions du maitre. Il retint un soupir et reprit :

-Une hache ? J’ai beaucoup mieux que cela à te proposer. Tiens.

Une plume apparue sous le regard ahuri de l'adolescent.

-Une plume ? Que veux-tu que j’en fasse ? Que je chatouille mes ennemis ?

-Saisis-la !

À contrecœur, Cédric s'en empara. Un tourbillon aussitôt le happa. Balloté en tous sens, le garçon eut bien du mal à garder le contenu de son estomac. Que lui arrivait-il ? Enveloppé, par l’étrange cocon, il subit la plus improbable des métamorphoses. Ses membres grossirent, son torse se bomba alors qu’il grandissait, mais c’est sa figure qui encaissa le plus de jeune changement. Son nez s’allongea prenant la forme d’un museau, des cornes lui poussèrent sur le sommet du crâne. Le garçon ne ressentit nulle douleur : sa tête était juste plus lourde qu’auparavant. Lorsque le tourbillon disparut, un homme-buffle avait remplacé Cédric.

- Tel est le pouvoir de la plume, lui expliqua l’encrier. Pour t’aider dans ta tâche, elle octroie à son porteur un don. Elle a développé tes capacités, a renforcé ta force et ta bestialité.

- Cool ! Bon alors: où sont les monstres ?

- Attends: je ne t’ai pas énoncé ta quête.

- Mais si ma mission je la connais, c’est toujours la même. Tuer le grand méchant et sauver le monde. Tu parles au champion des jeux vidéo. Alors du vent, et laisse faire les pros !

Cédric, d’une pichenette, envoya valser l’encrier puis jeta la plume. Sûr de lui, il se mit en route. Il était un peu perturbé par cet univers blanc : ce n’était pas très attractif. Les réalités parallèles qu’il côtoyait d’ordinaire étaient plus vivantes. Soudain, une silhouette se dessina sur ce fond immaculé. Elle prit peu à peu et revêtit l’étrange apparence d’un César. Ce dernier toisa, d’un air hautain, l’homme-buffle.

- Sais-tu, déclara le nouveau venu, que tu viens te jeter la seule chose qui pouvait me blesser. Tu es trop sûr de toi, Buffle. Tu as perdu !

- C’est ce que tu crois !

Cédric chargea. L’homme disparut. L’adolescent freina brutalement et chercha son adversaire du regard. Il ne remarqua pas le danger qui planait au-dessus de lui. La gomme s’écrasa sur lui et d’un geste l’effaça purement et simplement.

Le livre se referma alors dans un brusque claquement, ses feuilles chiffonnées par la frustration.

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